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De la zoologie appliquée au volant

3 déc. 2025
3 min de lecture

Il y a des jours où l’autoroute ressemble un documentaire animalier commenté par Allain Patrice Bougrain Dubourg sous cocaïne. Il faut dire que pas plus tard qu’hier, j’ai eu droit a un best of.


Je roulais tranquillement, bien en dessous de la vitesse autorisée (ce qui fait de moi un dangereux marginal dans le monde automobile). Devant moi, une voiture. Devant elle, un camion. Et derrière nous… dans le rétro… un astéroïde en approche.


Non, pardon : une BMW. Souvent, on hésite entre dire “une BMW” ou “un panneau publicitaire ambulant pour la misère intellectuelle”. Mais là, vraiment, c’était une BMW dans sa forme la plus pure. La BMW primordiale. La BMW de laboratoire. Celle que les scientifiques devraient étudier en la tenant par la peau du dos avec une pince stérile.


La voiture qui me précède met son clignotant (déjà, saluons-là pour ce geste héroïque) et déboîte pour doubler le camion. Et là… le bolide fonce, débarque sur la file comme s'il avait été téléporté par un trou de ver, se colle à son pare-chocs, lui fait la totale : appels de phares, intimidation, langage lumineux non-verbal du type “RABATS-TOI, SAC À VIANDE !”

Moi je pense... Se rabattre où ? Abruti !  Sur le camion ? Dans le camion ? À travers le camion ? Dans une autre dimension ?


Mais sans doute que dans l’esprit du mâle automobile à neurone unique, la logique n’existe plus. Le volant a déjà aspiré le peu qu’il restait d’activité corticale. Sans vanner, on dirait que dès qu’un homme pose ses mains sur un volant, son QI chute drastiquement… pas au niveau de celui d’un primate, eux ont de la jugeote, mais plutôt à celui d’une mangouste fébrile, voire d’une huître en congés maladie... Plus très fraiche, quoi !


Bref ! La voiture se rabat enfin. Et là commence le ballet du débile profond.


Plutôt que de doubler calmement, le champion nous offre une queue de poisson de compétition, pile devant la voiture qui l'avait empêché de s'accomplir intérieurement.Puis il freine. Puis il accélère. Puis il zigzague pour empêcher toute tentative de dépassement.


Un vrai lauréat de l’idiotie.

Le prix Nobel de la connerie.


Les voitures s’accumulent derrière, klaxons et appels de phares en symphonie. Et notre Mozart de l’imbécillité finit par lever un doigt d’honneur bien gras, sans doute son unique contribution culturelle du mois, avant de replanter le pied au plancher et disparaître à la façon d’un spermatozoïde mal orienté.


Il faut accepter une vérité : Le volant est un outil puissant pour transformer un être humain normalement constitué en mollusque agressif.


Preuves à l’appui, dès qu’un homme s’assied dans une voiture, Il perd environ 45 points de QI... Alors, pour celui qui était déjà bien en dessous des 80, je vous raconte pas la débacle.


Si, je vous raconte :


Sa perception du danger se dissout comme un cachet d’aspirine.

Sa virilité s’emballe : plus la voiture avance, plus son ego gonfle, façon baudruche prête à exploser sur le bitume.

Il pense sincèrement que doubler trois véhicules le fera entrer dans l’histoire de l’humanité.

Et il devient persuadé que klaxonner guérit tout : les camions lents, les limitations de vitesse, le sens de la vie.


Bon, faisons preuve de parité. Certaines femmes peuvent être touchées par ce syndrome. Mais honnêtement, les statistiques parlent : 90 % des abrutis à moteur sont équipés d’un pénis. Comme si le combo chromosome Y + volant produisait un court-circuit neuronal.


Chaque route de France déverse son lot de spécimens : les Colleurs-de-fesses, les Zigzagueurs en liberté conditionnelle, les Dieux du Clignotant Jamais Utilisé, les Fous du “Tu vas pas me faire ça à MOI ?” et la caste suprême : les BMWistes de Combat.


Moi, qui pendant ce temps, regardais cette scène, j’ai eu, je l’avoue, une pensée pas très humaniste :


« Qu’il se plante. Mais tout seul. Sans victime collatérale. Juste lui, sa fierté et son airbag. »


Même que dans ma version idéale, il ressortirait indemne, certes, mais à poil, assis à cacasson sur la glissière de sécurité, son volant entre les mains…mais sans voiture autour.Comme un trophée ridicule, une sorte d’avertissement donné par les dieux de la route :


« Voilà ce qui arrive quand on confond virilité et imbécillité. »


Quand on pense que l’être humain rêve d’aller sur Mars, de créer des IA super intelligentes, de comprendre la conscience, de défier la mort… et que dans la vraie vie, il suffit d’un rond-point pour qu’il se transforme en mammifère hystérique sous testostérone…


On comprend pourquoi les extraterrestres ne nous appellent pas. Ils nous ont déjà vus au volant.


On vit vraiment une époque formidable !

 

 
 
 

Commentaires


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Quelques mots très éphémères traduisant mes coups de coeur, coups de gueule ou autres découvertes

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