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  • Jean Benjamin Jouteur

Dernier présent de Jean François Léger

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Ou la lire !


Un livre ambitieux


J’ai lu « dernier présent » de Jean François Léger et, massacrant en toute impunité Brassens et son auteur le poète Du Bellay, je serais prêt à fredonner :


Heureux qui comme Ulysse

A fait un beau voyage

Heureux qui comme Ulysse

A vu cent paysages...


Vous connaissez la suite, après maintes traversées, ce sacré Ulysse retrouve le pays des vertes allées.


Eh bien, l’on peut dire que le Roi d’Ithaque, fils de Laërte et d’Anticlée, j’ai nommé Ulysse le baroudeur, question globe-trotter, c’est un petit joueur devant la demoiselle Phan Lim, héroïne du bouquin de notre ami Léger.


Des chaussures de marche garanties gore tex, elle a dû en passer un stock industriel au cours de son périple. Car c’est à pied que la belle aux yeux bridés se tape un presque tour du globe. À quelques exceptions près, elle ne prend ni l’avion ni les transports en commun, car elle risque de se faire repérer par une bande de méchants très puissants, invisibles, mais qui voient tout… Enfin, qui sont censés tout voir, car, et on le découvre au cours de l’odyssée de Miss Lim, question repérage, nos affreux disciples de Big brother nagent plutôt dans le potage. Un éléphant en jupette s’entraînant au crawl dans une piscine privée, je pense qu’ils le louperaient. Pourtant, ils sont équipés dernier cri les affreux. Comme quoi, compétence et moyens techniques ne sont pas toujours complémentaires, ce qui d’ailleurs arrange bien notre aventurière. N’oublions pas qu’elle défie une organisation de malfrats auprès de laquelle la Camorra pourrait passer pour une association de bénévoles retraités promulguant la consommation d’Arancinos, les grosses boules de riz, enrobées de chapelure frite et fourrées de ragoût bien connu des Siciliens.

Cependant, amis friands des péripéties hasardeuses, rassurez-vous, des individus peu recommandables, voire carrément odieux, notre piétonne va en rencontrer bien d’autres. Notamment sur un bateau issu des enfers dont l’armateur, l’équipage et bien sûr son capitaine, n’ont rien à envier question inhumanité au plus insupportable des vaisseaux négriers qui souillaient jadis les mers de notre bonne vieille terre.


Des gentils, elle va aussi en croiser pas mal… Des mêmes super gentils, prêts à tout pour aider la marcheuse aux pieds légers. Grâce à ces bons Samaritains de passage, notre héroïne au charme indiscutable, ce qui représente un atout non négligeable générant des élans de générosité et de solidarité même de la part de bikers en goguette au grand cœur, progresse dans une société surveillée, faussement humaniste, proche du meilleur des mondes, dans lequel les hommes sont pistés, fliqués, indexés. Une sorte de dérive totalitaire qui prendrait pour prétexte le bien du peuple.


La description des activités humaines destructrices et surtout les réponses trouvées par les gouvernants donnent à ce roman un aspect dystopique assez effrayant parce que très réalistes, tout à fait envisageables.


Il a des références, notre auteur, il en use et s’en amuse. Parfois, s’éloignant du léger, il se permet de donner dans du bien plus lourd… Pardon pour ce très mauvais jeu de mots !

Quête, enquête, voyage, dystopie, suspens, guide du routard et petit manuel du survivre en milieu hostile quand on est une femme délicate, seule, faible et sans un rond, ça ne lui suffisait pas. Il a de l’ambition le plumeux. Alors, ne reculant devant aucun sacrifice, il enrichit son roman de paragraphes aux allures d’études sociologiques, économiques, voire philosophiques.


C’est qu’il a des trucs à dire, le Jean-François… La fiction, c’est bien, mais elle doit parfois savoir servir notre triste réalité !


Mais il se reprend vite ! Nous voici dans une scène dans laquelle il ne manque plus qu’Indiana Jones pour nous propulser dans un nouvel opus des aventures du plus célèbre des archéologues.


Ça ne traîne pas… Une respiration, et nous nous retrouvons dans un épisode digne d’un James Bond avec même une scène clin d’œil vécu par l’espion au service de Sa Majesté que je vous laisse repérer.


Enfin, il ose se lancer dans le tournage d’un film catastrophe à gros budget !


Bon, allez, trêve de plaisanterie. Cet ouvrage, ambitieux, contient l’ensemble des ingrédients qu’il faut pour faire passer à tout lecteur un bon moment tout en l’invitant très intelligemment à réfléchir sur les nombreuses questions essentielles et majeures qu’il pose.


Qui plus est, le texte est servi par un vrai style d’écriture. Ça se lit facilement et s’agrémente parfois de descriptions magiques.


François Léger a commis là un excellent bouquin



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