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Hermosa de Eric Le Parc

  • Photo du rédacteur: Jean Benjamin Jouteur
    Jean Benjamin Jouteur
  • il y a 13 heures
  • 3 min de lecture
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J’ai lu Hermosa de Éric Le Parc et... comment dire ?


Il raconte...


En fait, non,  ce livre refuse de se laisser réduire à une intrigue, à une progression logique ou à une simple promesse narrative. Il appartient à cette catégorie de textes qui ne cherchent pas vraiment à raconter, mais plutôt à faire éprouver.

 

Et ça ne traine pas... Dès les premières pages, le lecteur, moi en l’occurrence, ne comprend pas tout... En revanche, il réalise que dans ses mains, il ne tient un roman à parcourir, mais un seuil à franchir...

 


Donc, vous l'aurez compris, voici un roman qui est tout sauf douillet et confortable, car il sollicite bien plus que l’attention habituelle que l’on accorde à une histoire linéaire, il exige une disponibilité intérieure. On ne s’y balade pas armé de repères chronologiques ou d’attentes classiques, mais avec cette part de soi qui accepte de se perdre. Ce texte est un territoire mouvant, façonné par la mémoire, le songe et l’inconscient, où les lois habituelles de la narration s’effacent au profit d’une logique plus profonde, plus archaïque.

 

Le premier contact peut dérouter.

 

Le récit ne se laisse pas immédiatement saisir, et c’est là sa force. Comme ces œuvres singulières qui résistent aux catégories, Hermosa commence par désorienter, avant de peu à peu envelopper le lecteur.

 

Les fragments, les images, les atmosphères s’agrègent progressivement, non pas pour former un ensemble parfaitement lisible, mais pour installer une sensation, une présence. Le texte murmure ses propres règles, invitant à une lecture intuitive, presque sensorielle.

 

En fait, ce livre se lit comme on traverse un rêve ancien, vous savez, ce genre de rêve récurrent que l’on fait parfois depuis son enfance. Les décors glissent, les visages se métamorphosent, les émotions surgissent sans prévenir. La douceur côtoie l’angoisse, la tendresse peut se muer en violence, et l’horreur elle-même peut, de temps à autre, se parer parfois d’une lumière troublante.

 

Bien sûr, cette ambivalence constante crée un état de tension délicat, d’ailleurs on ne sait jamais vraiment si l’on souhaite s’extraire de ce monde ou s’y abandonner davantage.

 

Bien plus qu’un exercice de style onirique plaqué, Hermosa est une véritable plongée intérieure. L’imaginaire de l’auteur s’y déploie sans vraiment chercher à lisser ses contradictions. Ombres et éclats, brutalité et poésie, inquiétude et émerveillement coexistent sans hiérarchie. On sent derrière la fiction la présence discrète mais constante de l’auteur. Pas comparable à celle d’un guide qui explique, plutôt une sorte de respiration, une espèce de lueur diffuse derrière le voile du texte.

 

Oui, je sais, tout ça peut paraître un peu tourmenté et complexe...  A l’instar de cet ouvrage.

 

Hermosa propose moins une histoire qu’une traversée. Le lecteur y perd volontairement ses certitudes, ses habitudes de lecture, sa quête de maîtrise. Le temps se dilue, les êtres apparaissent et disparaissent comme des mirages de conscience, et l’expérience devient profondément intime. Chacun y projette ses propres résonances, ses peurs, ses souvenirs, ses zones muettes.


Ce livre s’adresse à un lecteur prêt à accepter l’inconfort fécond de l’inattendu. Celui qui attend des réponses nettes ou une structure rassurante risque d’être déstabilisé. En revanche, l’autre qui accepte de se laisser surprendre, déranger parfois, émerveiller souvent, découvrira une œuvre singulière, enracinée dans l’onirique, traversée par le mythique, et irriguée par une humanité fragile et inquiète.

 

Pour conclure, Hermosa est une porte ouverte vers un monde où la logique cesse d’être souveraine, laissant place à quelque chose de plus ancien, de plus instinctif, peut-être de plus vrai.

 

Un livre à aborder avec humilité, en acceptant de dériver et en se laissant, au passage, toucher.


 

 

 
 
 

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