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ET SI... de Morgane Le Guennic

  • Photo du rédacteur: Jean Benjamin Jouteur
    Jean Benjamin Jouteur
  • il y a 4 jours
  • 4 min de lecture
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Après avoir lu le  «  Et SI… »  De Morgane Le Guennic, je me heurte à une question épineuse  : Comment commenter ce bouquin sans risquer le spoiler ?

 

Sans rire, c’est mission impossible... Ou presque.

 

OK ! Je vais en dire un maximum… tout en vous en révélant le minimum. Exercice d’équilibriste, certes ! mais puisque Morgane Le Guennic aime les défis, autant lui rendre la pareille.

 

Dès les premières pages, je pense tout haut : « D’accord Morgane… tu nous proposes un début de scénario qu’on a déjà croisé dans pas mal de polars et de thrillers. Très bien. Voyons comment tu vas transformer ça en quelque chose d’original.  Le défi est lancé. Vas-y... étonne-moi ! »

 

Je lis... Et je m’aperçois que, l’air de rien, l’autrice a relevé le gant.


Il est vrai que le récit avance sur un terrain familier, presque trop familier, comme une route déjà empruntée plusieurs fois et il serait logique de penser que  ça va aller tout droit.  

 

Sauf que ce n’est pas le cas.


Ici ou là, de petits détails, des micro-signaux, des ombres qui bougent un peu trop… tout indique que ce ne sera pas si simple. Que des rebondissements sont dans l’air. Des rebondissements que l’on espère… ou que l’on craint (si on se met à la place des personnages).

 

Et puis il y a ce titre :  Et si… Une phrase qui, en littérature, ouvre toutes les portes.

 

On s’attend presque à trouver la réponse un soir de brume sur une plage bretonne, battue par les embruns (ça c’est un clin d’œil obligé à la terre natale de l’autrice).  On imagine Julie, la protagoniste, plantée face à l’océan, comme si la mer allait soudain articuler les réponses à sa place.

 

Mais soudain, sans prévenir, alors que l’on s’imagine à la fin du voyage sans trop réaliser pourquoi … on comprend soudain le titre. Et là, je confesse quelque chose, je suis peut-être parti dans une direction que l’autrice n’avait sans doute pas prévue.

 

Ou peut-être que si... Il faudrait lui demander !


Les mondes parallèles ! Les univers-bulles ! Les théories quantiques !

 

Ne souriez pas d’un air condescendant, je vous vois. Sachez que si la science-fiction adore utiliser ces concepts, la physique quantique, elle, les prend très au sérieux.

 

Prêts (prêtes) Pour une petite explication maison ? C’est parti !

 

À chaque fois qu’une personne doit faire un choix important, tourner à gauche ou à droite, dire oui ou non, partir ou rester, elle prend une direction qui façonne tout son futur... Vous me suivez ?


Or une hypothèse sérieuse propose que, simultanément, un autre univers se crée, dans lequel cette même personne fait l’autre choix. Un même individu, deux décisions différentes… Donc deux futurs distincts… Donc deux réalités alternatives.


Vous me suivez toujours ?


Donc plusieurs versions d’une même vie, coexistant en parallèle comme des fichiers “Copie-de-version-finale-vraiment-définitive-3”.

 

Les univers parallèles ne sont pas forcément des clones du nôtre. Les paramètres physiques peuvent diverger totalement. Rien ne garantit qu’on respire le même air, qu’on marche sur la même terre, ni qu’on y croise les mêmes versions de soi-même.

La science-fiction adore emprunter à ces modèles, en ajoutant parfois des trous de ver, lesquels, disons-le, relèvent plus de la poésie mathématique que du réalisme astrophysique.

 

Mais ici, Morgane joue la carte des réalités parallèles façon littérature : des déclinaisons d’un même monde. Des couches superposées, des variations, comme plusieurs photographies d’un même décor prises à des moments différents. (Ce qui tombe bien vu le métier de notre héroïne :  Photographe).

 

Mais, avant que certains lecteurs ne commencent à ranger Et SI… dans le rayon science-fiction ou fantastique, remettons les pendules à l’heure : Le roman de Morgane est un polar. Un vrai. Un pur. Un solide.


Il respecte tous les codes du genre, tout en frôlant parfois le thriller... juste ce qu’il faut pour pimenter la lecture.

 

Alors, me direz-vous,  que vient faire tout mon délire quantique ci-dessus ? C’était juste pour voir combien de lecteurs je pouvais perdre en route... Et j’espère sincèrement y être parvenu.

 

Ce roman, dans sa nature très policière, se lit d’une traite. On tourne les pages sans voir le temps passer, et on se surprend à penser qu’il pourrait durer indéfiniment, avec à chaque fois une nouvelle version du “Et si…”.    

 

Pas une suite classique. Plutôt une nouvelle réalité possible. Une version alternative qui viendrait tout bouleverser à nouveau.


Et moi, très franchement, je signerais tout de suite.

 

Car la force du roman, ce ne sont pas seulement les rebondissements. C’est aussi Julie. Une héroïne attachante, moderne, forte… mais traversée par une fêlure, une inquiétude, une peur sourde.

 

Une femme qui avance, qui doute, qui chute… et qui se relève. Avec, parfois, l’impression que l’univers s’est donné le mot pour lui compliquer la vie, pas la rendre impossible, non, juste… Un peu sport.

 

On la suit, on la soutient, on la plaint, et parfois on se dit :


« Bon, Julie, là, franchement… tu manques un peu de bol. »

 

Et SI… est un roman malin, construit, efficace, écrit dans un style rapide et sans temps mort. Un livre qui s’amuse avec “ce qui aurait pu être”, “ce qui aurait dû être”, et peut-être “ce qui reste à écrire”.

 

Alors…


À quand « Et si… La suite » ? Ou mieux encore : « Et si… le retour dans une autre réalité ? »

 

Moi, je suis preneur... Et je ne serai pas le seul.

 

 
 
 

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