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  • Jean Benjamin Jouteur

DESillusions de G. Deriviere

Encore un bouquin pas banal !


Dans la série : "ça pourrait être"


Ça pourrait être le bouquin d’une thérapeute qui, pour illustrer son approche thérapeutique, utiliserait les expériences racontées par ses nombreuses patientes. Une sorte de « Traité de la Thérapie de l’échec de la rencontre » en dix leçons, planquée derrière une autobiographie romancée qui finalement n’en n’est pas une… oui, je sais, ça paraît tordu… Mais il existe des précédents.


Hypothèse plausible.


Ça pourrait être le tableau de chasse d’une braconnière de mecs dont le besoin incessant de dragues et de rencontres masculines s’apparente à une pathologie due en grande partie à sa crise de la quarantaine. Auquel cas, il conviendrait qu’elle fasse appel à l’excellente thérapeute échafaudée dans le postulat précédent.


Hypothèse plausible.


Ça pourrait être le « j’ai testé pour vous » version remaniée du célèbre « guide du routard » relatant les expériences et conclusions d’une courageuse exploratrice parachutée sans vivre ni eau, dans l’univers fascinant et impitoyable du site de rencontre préféré des célibataires, j’ai nommé « Meetic ».


Hypothèse plausible.


Ça pourrait être une suite de rencontres fantasmées, totalement fictionnelles, imaginées par une autrice, femme au foyer et mère de six enfants tous bien évidemment casés et malheureux en ménage, occupant ses journées par l’écriture d’un roman-fleuve faussement vécu, dans l’attente d’un époux fort occupé entre son étude notariale et ses nombreuses maîtresses bien plus jeunes que sa légitime.


Hypothèse plausible.


Ça pourrait être enfin, le témoignage tragicomique, prenant, parfois bouleversant, souvent drôle, d’une femme en quête d’un absolu masculin qu’elle sait chimérique. Pourtant elle persiste à le traquer, s’égarant dans les méandres risqués de rencontres incertaines et souvent décevantes. Se blessant tout en s’évertuant à se faire croire qu’elle peut rire à gorge enrouée de ses cicatrices. Même si les mâles lisant ses lignes risquent d’en apprendre beaucoup sur eux-mêmes, sur leur bêtise de mecs quand ils cherchent à séduire ou à aimer, sur leur fragilité d’anciens petits garçons si touchante, mais surtout si agaçante pour une femme qui n’est pas leur mère, elle est consciente qu’elle ne trouvera pas celui qui hante ses nuits. Cet homme qui ne pouvait en aucun cas être un amant, cet homme parti bien trop tôt, celui qui a abandonné la petite fille qu’elle était, celui que jamais un bonhomme, même talentueux, même doué, même aimant, même monté comme un étalon, même beau comme un dieu, ne pourra remplacer.


Comme le chante si bien Brassens :


« Quand l’un d’entre eux manquait à bord C’est qu’il était mort Oui, mais jamais, au grand jamais Son trou dans l’eau n’se refermait Cent ans après, coquin de sort Il manquait encore ».


Hypothèse plausible.


Parmi ces cinq possibilités, j’ai fait mon choix. Pour faire le vôtre, il vous faudra lire ce livre. Mais, quelle que soit l’alternative, quelle que soit votre intime conviction, que vous soyez homme ou femme, seul(e) ou en couple, cette écriture directe, spontanée, vive et parfois violente vous sautera au visage. Un peu comme une boisson fraîche et piquante qui vous fait frissonner par une belle soirée d’été se préparant à l’orage. Vous vous ferez embarquer par ce style incisif, teinté de cette désespérance propre à celles et ceux qui ont espéré et qui se refuse d'esperer encore tout en espérant... Je sais, ça parait compliqué.


Ce drôle de rapport Auteur/lecteur si intimisant, vous poussera presque malgré vous, à vous écrier avant même que la narratrice ne s’y résolve, cette terrible exclamation pourtant nécessaire car elle nous permet à tous de poursuivre l’aventure malgré tout, le fameux : au suivant !


Brel l’a chanté bien avant qu’elle ne l’écrive et c’est un « private joke » que j’adresse là à l’auteure.


« Et depuis chaque femme, à l’heure de succomber,

entre mes bras trop maigres semble me murmurer,

Au suivant ! Au suivant »


Bref, pour résumer, car il faut une fin aux rencontres d’un soir, qu’il soit traité à fins thérapeutiques, roman, souvenir de chasses, guide de routarde ou confidences d’une femme en quête d’une inaccessible étoile qui porterait un prénom masculin, c’est un bouquin à lire, assurément.


Moi, je dis ça, je ne dis rien !



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