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  • Jean Benjamin Jouteur

NYPC de Sylvie Etient

Autopsie d'une rupture


Dans la série : "Une fois n'est pas coutume"


je vais rédiger cette chronique en conservant l’une de mes casquettes professionnelles, à savoir celle de thérapeute familiale.


Pourquoi ?


Dans mon cabinet je dirais que 30 % de ma patientèle se compose de femmes vivant ce qu’endure le personnage principal de ce roman : se faire larguer à l’aube de la cinquantaine. Ce n’est pas facile, j’en conviens volontiers.


Mais, car il y a toujours un « mais » dans les rapports humains, un second 30 % se compose d’hommes vivant une expérience identique de l’autre côté du miroir.


Le voici, celui qui est en face, le voici, le mari. Qui est-il ? Un être humain lui aussi en souffrance, subissant les mêmes revers, au même âge, mais en tant que mâle. Ça n’est pas plus facile, j’en conviens tout autant.


Ce bouquin, rédigé pas une dame cultivée dont on devine l’expérience, racontant intimement et très justement les déboires d’une femme brutalement larguée après vingt ans de bons et loyaux services, devrait être lu par tous les mecs mariés ou en couple. Ils croiseraient enfin l’intimité douloureuse de leur moitié, une intimité qui ne se dit pas et surtout qu’ils ne savent pas voir… Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut regarder. Prendre ce nouvel élément en compte, en plus de faire économiser à leur légitime les quelques dizaines d’euros qu’elles dépensent à chaque fois qu’elles me consultent, éviterait peut-être à ces dernières de boire jusqu’à la lie la coupe d’une véritable souffrance que la plupart du temps, elles ne méritent pas.


Mais, car il y a encore un « mais ».


Pour que l’étude soit complète, Il faudrait également entrevoir l’envers du décor. C’est-à-dire un bouquin, écrit cette fois-ci par un homme, racontant intimement et justement l’expérience de la vie conjugale et de la « rupture paquet surprise » avec toutes ses options, cette fois-ci vécue par un homme en plein déroute de la cinquantaine. Nous sommes tous égaux devant la souffrance. Et bien sûr, vous l’aviez compris, j’inviterai mes patientes à lire et à comprendre ce bouquin témoignage. Elles croiseraient enfin l’intimité douloureuse de leur moitié, une intimité qui ne se dit et surtout qu’elles ne savent pas voir… Il n’est pire aveugle que celle qui ne veut pas regarder.


Oui, je sais, ça a un petit parfum de déjà lu.


Prendre ce nouvel élément en compte, en plus de faire économiser à leur légitime les quelques dizaines d’euros qu’ils dépensent à chaque fois qu’ils me consultent, éviterait peut-être à ces derniers de boire jusqu’à la lie la coupe d’une véritable souffrance que la plupart du temps, ils ne méritent pas.


Il faut que je cesse sur-le-champ ce genre de chroniques didactiques, je risque de perdre des patients (es) !


Trois femmes très différentes habitent agréablement les pages de ce livre. Laquelle des trois en est l’autrice ? C’est bien évidemment la question que tout lecteur se pose. Voyons ce que nous avons :


– Une avocate à la retraite, sage dame adepte de la cool attitude, qui en a vu bien d’autres et qui de sa riche expérience des affaires matrimoniales en déliquescence fait profiter sa voisine égarée.


– Une larguée de service, plus de vingt années de femme belle, soumise et propre sur elle, aux petits soins de sa petite famille embourgeoisée, remerciée brutalement et sans préavis par un mari en partance pour des horizons féminins moins linéaires et par une progéniture de jeunes adultes que l’on prendrait plaisir à baffer.


– Et enfin, la copine friquée, débordante de conseils immatures mais drôles qui, remplaçant un amant aussi volage que marié par une fausse superficialité, vampirise le portefeuille de son ex-mari tout en mettant en point un plan de campagne machiavélique lui permettant de draguer à la fois utile et rentable.


Je ne me permettrai pas dans ces lignes de répondre à la question. Qui est l’autrice ? Aucune des trois ? Peut-être une quatrième… Les trois à la fois ? Donc, passons à l’aspect littéraire.


C’est superbement bien écrit, d’une langue intelligente, précise et riche. Ni bouloche, ni mélodramatique, se prenant rarement au sérieux, la narration prête souvent à sourire, d’ailleurs le bouquin se lit presque d’une traite. Nous sommes bien loin de la collection Arlequin et de ses larmes fossilisées.


Mais surtout, je prétends que tout homme de la cinquantaine normalement constitué au cœur solitaire, brûlerait de rencontrer la fofolle frustrée mais déjantée contrariée que j’ai nommée dans le paragraphe précédent « La larguée de service ». Cette femme-là a tout pour plaire, et force est d’admettre que son ex-mari n’est qu’un sot de n’avoir pas su découvrir, en vingt ans de vie commune, la femme craquante qui vivait à ses côtés. Heureusement que la vie (et les romans) offre toujours aux inaccompli(es) une seconde chance.


Moi je dis ça, je ne dis rien !



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