Chronique d’un monde où la Lune est un décor… et le cerveau en mode avion

Vous savez quoi ? Il y a quelque chose de profondément rassurant dans l’univers.
Les étoiles brûlent, les galaxies tournent, et à chaque mission spatiale comme Artemis II, il se trouve toujours une poignée « d’esprits » courageux pour se lever et nous rappeler que tout cela… est faux.
Oui, faux. Inventé. Bidouillé. Filmé… (tous ces figurants, quel gâchis... mais quelle aubaine pour les intermittents !)
Voici donc des décennies de recherche, des milliers d’ingénieurs, des montagnes de données…contre Gérard, 52 ans, photo de profil avec lunettes de soleil dans sa Clio, qui tranche : « C du fake. »
Car Gérard, lui, sait. Car Gérard a vu une vidéo sur YouTube. Une vidéo floue, avec musique inquiétante et sous-titres en Comic Sans. (Heureusement, car Gérard ne comprend pas l’anglais… et tout juste le français, d’ailleurs.)
Ces agités de la Terre plate surgissent toujours de la même façon.
Sous les articles, dans les commentaires, entre deux fautes d’orthographe et trois certitudes. Gonflés d’une assurance que même Albert Einstein aurait trouvée… légèrement ambitieuse.
« Réveillez-vous, on nous ment ! »
« Réfléchissez un peu ! »
Et là, déjà, on comprend que la réflexion est en cours… mais qu’elle a raté sa correspondance.
Bon, il faut reconnaître que leur argumentaire (oh combien éclairé) mérite qu’on s’y attarde.Pas pour sa pertinence… mais pour sa créativité involontaire.
Voyons ça.
Premier grand classique :« Si on est allé sur la Lune, pourquoi on n’y retourne pas tous les week-ends ? »
Excellente question ! Un argument vraiment béton.
D’ailleurs, même chose pour les cathédrales, les pyramides et autres constructions pharaoniques : construites une fois… donc suspectes. On devrait en rebâtir une tous les quinze jours, histoire d’être sûrs qu’on les a bien construites.
Deuxième chef-d’œuvre :« Les drapeaux ils bougent sans vent. »
Bon… Gérard, soutenu par son copain Kevin, sait qu’il n’y a pas d’air sur la Lune, c’est déjà pas si mal. Pour qu’ils admettent qu’un simple fil de fer peut tendre un drapeau, il leur faudrait… quelques années d’étude supplémentaires.
Et puis, l’inévitable : « C Kubrick qui a tout filmé. »
Donc Stanley Kubrick aurait choisi de simuler la Lune en studio, avec des moyens limités…plutôt que de tourner directement sur place, puisque manifestement c’était possible.
Un choix artistique audacieux.
Certes, le réalisateur de 2001 était aussi perfectionniste qu’obsessionnel… Mais il nous a quittés il y a plus de 25 ans. Nos complotistes, visiblement, n’ont pas encore reçu l’information.
Et que dire de cet argument sublime : « Regardez, l’ombre, comme elle est bizarre. »
Oui, c’est vrai… La réalité ne s’aligne pas toujours avec la logique approximative d’une ampoule Ikea dans un salon.
Ce qui me fascine, ce n’est pas l’erreur. Se tromper est humain. Non. Ce qui me fascine, c’est cette capacité à bâtir une certitude absolue sur un vide aussi parfait qu’un trou noir.
Une foi inébranlable dans l’ignorance.
Ces gens doutent de tout. Sauf d’eux-mêmes, bien sûr.
Reprenons :
La NASA ? Mensonge. Les scientifiques ? Corrompus.Les images ? Truquées. Les calculs ? Inventés.
En revanche, leur vidéo YouTube floue avec musique angoissante ? Vérité révélée.
Attendez… ce n’est pas fini. On atteint parfois des sommets vertigineux.
La Terre est plate. Les satellites sont des hologrammes. La gravité est optionnelle.
Et pourtant… leur foutu GPS fonctionne. Mais ça, étrangement… ça ne les dérange pas.
Le plus touchant reste quand même l’orthographe.
Ces messages sont des œuvres d’art brut : des phrases sans ponctuation, des accords en liberté totale, des mots qui n’ont jamais demandé à exister.
Une poésie du désastre.Une grammaire en chute libre.
Alors faut-il répondre ? Argumenter ? Démontrer ?
Certes, on pourrait expliquer les trajectoires orbitales, les fenêtres de tir, la télémétrie, les observations indépendantes… Mais ce serait comme tenter d’expliquer la Théorie de la relativité à un grille-pain. (ou à un ouistiti, qui, lui, aurait au moins l’excuse d’être un primate).
Le problème, au fond, ce n’est pas seulement leur bêtise abyssale. Ni même qu’ils se trompent.
Le problème, c’est qu’ils se trompent avec une assurance inoxydable. Une certitude compacte, étanche à toute forme de doute, de curiosité, de discussion… ou de remise en question.
Alors que faire ? J’ai envie de dire : Rien. Ou mieux : observer ces beaux spécimens de l’étroitesse d’esprit.
Un peu comme un phénomène naturel.
Une éclipse intellectuelle permanente. Un trou noir de raisonnement où toute logique disparaît sans laisser de trace.
Et admettre qu’au fond… ils nous rendent service. Parce qu’à côté d’eux, même une erreur devient presque brillante.
Alors, la prochaine fois que vous lirez :
« C fake. » (Ne cherchez pas le « est », ils préfèrent le langage SMS)
« On nous ment. »
« Ouvrez les yeux. »
Souvenez-vous :
Certains ouvrent les yeux… mais oublient d’allumer le cerveau.
Pendant ce temps-là, l’humanité, elle, continue d’avancer. Même sans eux.
« L'espace, frontière de l'infini vers laquelle voyage le vaisseau spatial
«Enterprise ». Sa mission : explorer de nouveaux mondes, découvrir de nouvelles vies,
d'autres civilisations et au mépris du danger, avancer vers l'inconnu ». (pour ceux qui ont la référence.



Je n'avais aucune certitude que ce soit toi qui ai écrit au début.
C'est ton style d'écriture qui me l'a dit. Au bout de quelques lignes, quelques phrases. C'était une certitude.
C'est mon JB 🥰
Merci beaucoup
c'est toujours
un grand plaisir
De te lire.
Alice🌞